Vos données grandissent, mais vos serveurs ont encore de la puissance disponible ? Je vous propose de regarder une actualité qui pose une bonne question d’architecture : faut-il toujours faire évoluer le calcul et le stockage ensemble ?
Une nouvelle intégration annoncée le 29 octobre
Proxmox vient d’annoncer l’arrivée de Lightbits dans son écosystème de partenaires. Son plugin relie Proxmox VE à un stockage partagé Lightbits via NVMe/TCP : les disques des machines virtuelles sont accessibles sur le réseau Ethernet, avec une gestion depuis l’interface Proxmox.
L’intérêt est de pouvoir faire évoluer le stockage indépendamment des serveurs qui exécutent vos applications. Pour une PME dont la base de données grossit plus vite que les besoins de calcul, cette séparation mérite d’être étudiée. Elle ne justifie pas, à elle seule, de remplacer une infrastructure qui fonctionne.
LightOS, concrètement, qu’est-ce que c’est ?
Lightbits est l’éditeur ; LightOS est son logiciel de stockage. Il regroupe les SSD NVMe de serveurs de stockage et fournit des volumes partagés, c’est-à-dire des espaces qui servent de disques aux machines virtuelles. Proxmox continue d’exécuter vos applications ; LightOS gère leurs données, accessibles par le réseau Ethernet avec le protocole NVMe/TCP. Le plugin fait le lien entre les deux pour créer et gérer ces volumes depuis Proxmox.
Pour vous donner une image simple, je le comparerais au logiciel qui pilote une baie de stockage, avec une architecture permettant de choisir des serveurs standards adaptés. LightOS apporte notamment la réplication entre nœuds, la compression et les instantanés. Le dimensionnement et les sauvegardes restent indispensables.
Est-ce open source ?
LightOS est un logiciel propriétaire commercial, pas une solution open source. Son utilisation relève d’une licence Lightbits. En revanche, le plugin d’intégration Proxmox est open source, sous licence Apache 2.0. Le fait que ce connecteur soit libre ne rend donc pas LightOS libre ou gratuit. Je vous conseille d’intégrer le coût de la licence et les conditions de support au comparatif, même si votre environnement Proxmox repose sur l’open source.
Disponible, mais avec un point de vigilance sur le support
Le code du plugin est déjà public sous licence Apache 2.0 ; il ne s’agit donc pas seulement d’une promesse de développement. La documentation vise Proxmox VE 9.x, avec des tests annoncés sur 9.2, et LightOS 3.x. Elle présente la version 1.0 comme courante, tout en laissant certaines fonctions, notamment la prise en charge plus large des conteneurs et des clones, sur sa feuille de route.
Je vous invite surtout à lire les conditions de support. Le dépôt décrit un projet communautaire, suivi au mieux des moyens disponibles. Le plugin n’est pas couvert par les contrats de support et engagements de service LightOS, sauf accord écrit distinct. Le partenariat annoncé ne suffit donc pas à garantir un interlocuteur contractuellement responsable de toute la chaîne.
Et pour une entreprise en France ?
Les sources consultées ne donnent pas de calendrier commercial propre à l’Europe. Le code est accessible publiquement, mais cela ne confirme ni les conditions d’achat de LightOS en France, ni la couverture du plugin dans votre contrat. Ces deux points restent à obtenir par écrit avant de retenir cette solution.
Les trois vérifications que je privilégierais
- Votre besoin réel : manquez-vous de capacité, de rapidité ou de puissance de calcul ? Mesurez le problème avant de changer d’architecture.
- Votre réseau : utiliser Ethernet ne rend pas n’importe quel réseau adapté. Faites dimensionner les débits, la latence et la redondance, puis tester les conséquences d’une panne.
- Votre exploitation : comparez les licences, le support, les mises à jour et la reprise. Prévoyez aussi des sauvegardes indépendantes : la réplication du stockage ne protège pas à elle seule d’une suppression ou d’un incident applicatif.
Mon conseil : comparez cette approche à une architecture hyperconvergée, où calcul et stockage sont réunis, en partant de vos contraintes. Pour découvrir l’approche actuellement présentée par AZYLIS, vous pouvez consulter notre page infrastructures Proxmox et Ceph. Cette actualité ne constitue pas l’annonce d’une offre Lightbits chez AZYLIS.
Christophe Jeannerot · AZYLIS
Sources vérifiées le 1er novembre 2026 : annonce Proxmox du 29 octobre, présentation Lightbits et documentation du plugin, compatibilité et conditions de support, licences Lightbits et mentions légales du logiciel.